mardi 10 janvier 2012

Vaclav Havel

 
 
Nous étions à Prague juste avant le réveillon. La ville était encore habillée pour les fêtes de fin d'année et les divers marchés de Noël étaient au rendez-vous. Il y avait dans l'air des parfums de vin chaud, de saucisse et de spécialités tchèques. Il y avait également des hordes de touriste, qui comme nous étaient visiblement contents de visiter cette belle ville et légèrement agacés de devoir la partager avec d'autres personnes. 

Mais dans le brouhaha rempli de cette excitation propre aux fêtes de fin d'année , il y avait aussi la forte présence d'un homme qui venait pourtant de disparaître:Vaclav Havel.
Je me suis souvenue du papier que j'avais lu dans Le Monde, quelques semaines auparavant. Un texte qui évoquait son parcours et ses futurs projets de dramaturge.

A proximité des places, des églises et de certains monuments historiques, on trouvait des milliers des bougies, des fleurs, des petits mots, des cadeaux déposés en hommage à l'ancien président.
La surprise c'est que les pragois semblaient vraiment en deuil. Il ne s'agissait pas que des formalités habituelles. Il y avait pour ainsi dire, une atmosphère d'intimité dans l'air, comme si cet homme était proche des gens. Je me suis demandée si pendant toutes ses années à la tête du pays (de 1989 jusqu'à la fin de son mandat en 2003), Havel avait était paternaliste envers ses compatriotes. Je n'ai pas eu de réponse à cette question. Cependant, on connaît la trajectoire politique de Vaclav Havel et son talent littéraire (il fut l'auteur de 19 pièces de théâtre et de plusieurs essais). 
 
On peut se pencher studieusement sur les critiques qui lui ont été faites, analyser rétrospectivement ses fautes et ses réussites, mais apparemment on ne pourra pas lui enlever l'estime profonde des ses concitoyens. J’insiste sur ce point là: ce que l'on voyait un peu partout à Prague ce n'était pas simplement du respect envers la mémoire d'un homme d'état. Les regard croisés étaient tendres et amicaux. C'était en vérité le plus bel hommage, dont je peux témoigner, à un politicien.

Le parallèle entre l'ambiance posthume à Prague et celle des obsèques du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il montre bien l'ampleur des antagonismes de ce bas-monde.
Je n'ose pas en tirer de conclusion, mais je souhaite comme Stéphane Hessel, une insurrection pacifique, une prise de conscience dans ce moment où l'urgence du changement se fait plus pressente que jamais. Peut être était-ce justement là l’honneur de Vaclav Havel, son désir d'humanité. Celui d'en finir avec la tyrannie et la domination. 

« N'est-il pas vrai que pour chaque citoyen- et doublement pour les hommes politiques – que l'essentiel est et devrait être finalement que la vie soit plus belle, plus intéressante, plus lumineuse et plus supportable ? » Vaclav Havel (Méditations d’été)

jeudi 24 novembre 2011

6 MOIS, quand le journalisme donne envie!




Le 24 mars dernier, la revue de photojournalisme 6 MOIS voyait le jour. Sœur jumelle de l'excellente revue XXI, les ventes de 6 MOIS (qui selon ses rédacteurs en chefs ont largement dépassé les prévisions les plus optimistes) donnent l'impression d'avoir séduit un public assoiffé de journalisme. Le vrai, bien entendu. Celui de professionnels munis d'éthique, d'envie de décrypter, d'expliquer, de contextualiser. 

Pari réussi, 6 MOIS est tout simplement une vraie fenêtre ouverte sur le monde. Outre le travail purement photojournalistique, la revue propose également des reportages-éclairages approfondis, des interviews qui peuvent compter plus de dix pages, des propositions de lectures pour en savoir plus, bref c'est un vrai régal!

En lisant ces pages, on a l'impression de plonger dans le new journalism de Tom Wolf, Truman Capote, Norman Mailer et Gay Talese. On savoure la plume des journalistes, comme on déguste un bon livre. 

Ça donne presque le vertige, car dans ces 353 pages, il y a tellement de données sur la complexité du monde et sur ceux qui en font partie, que je me suis sentie à nouveau en contact avec l'histoire en marche. 

Ainsi, pour la première fois, je me suis sentie réellement proche des pêcheurs du Ghana, des jeunes étudiantes cosaques, des afghans photographiés à Kaboul, etc.
Car, peu importe si on habite à Londres, à Salvador de Bahia où à Koh Pan Gan, toutes les histoires qui peuvent être racontées sont susceptibles de nous concerner, car nous sommes tous reliés par les événements majeurs et mineurs du monde. C'est le fameux effet papillon. C'est justement cette vision holistique que la revue 6 MOIS nous offre.

Vivement le prochain numéro! 


vendredi 18 novembre 2011

Shreck et le coté loufoque de mon imaginaire




Hier, en attendantle débarquement d'un vol, j'ai aperçu Victoria Winter. Ou celle quipourrait incarner magistralement le personnage du « SystèmeVictoria », le livre d'Eric Reinhardt. Je me suis dit « cool,ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de croiser despersonnages de livres! »

C'est ainsi, qu'enattendant ledit vol (visiblement en retard) je me suis prêtée aujeu. J'ai scruté impudiquement tous ces visages croisés dans lemonde parallèle qu'est l'aéroport.

Au départ j'aiessayé bien sûr de me comporter normalement en lisant la presse.Hélas, la lecture d'un canard sur la Crise & Ses ConséquencesNéfastes m'a très vite déprimée. J'ai donc fait ce que l'Hommefait de mieux (en tout cas cela devrait être le cas), je me suismise à jouer.

Cela consistait àattribuer à chaque tête scrutée un personnage littéraire quim'avait marquée. Il me semble que dans n'importe quel aéroport onpeut croiser une large palette d'human beings! Parfait pour ce genrede délire ludique. Les vols qui ont précédés celui quej'attendais venaient de Russie, du Japon, et de l'Inde. Vous imaginezla multitude de visages, styles, histoires vécues?

Victoria Winterfaisait-elle partie du vol russe ? J'imaginais qu'une femmepareille n'allait pas tout simplement prendre un taxi. Elle avaitsans doute un chauffeur qui l'attendait quelque part. Le plusincongru, c'est qu'elle aurait pu être assise aux côtés d'EdouardLimonov, car lui aussi y était. J'ai pu constater qu'il avaittoujours cette allure décrite par Emmanuel Carrère, beau visage etattitude un peu underground. Fidèle au mythe.

Finalement madémarche était un peu « Shreckquienne » : mélanger deux personnages issus d' histoires différentes et les faireévoluer dans un même scénario. J'ai adoré les imaginer ayant uneconversation. Forcément passionnante. Victoria, femme de pouvoir,libérale, business woman, sexuelle et brillante, Edouard...foufurieux aux plusieurs vies, délinquant, ouvrier, poète, majordome,vagabond, intello, homme politique...Je crois que ces deux làauraient pu s’entre tuer, où s'aimer énormément!

Il y a eu aussi,parmi les passagers du vol japonais, un dandy brésilien du XIX ème.Alberto Santos Dumont, l'un des pionniers de l'aviation, lui même unmélange de Marcel Proust et de Gatsby. J'ai également aperçu desmessieurs qui m'ont fait penser à des alpinistes, barbus, beaux,dignes, athlétiques, comme mon mec d'ailleurs. Allure autrichienne,attitude à la Sylvain Tesson, des grands voyageurs quoi.

Parmi cette faunehumaine, il y avait évidemment ceux qui ne ressemblaient à aucunpersonnage littéraire, mais qui à eux seul donnaient envie deprendre la plume. C'était un défilé permanent de gens bienhabillés, mal habillés, drôlement habillés, presque pas habillésdu tout...il y en avait qui portaient des coupes de cheveuxinvraisemblables, puis des dames très chiques qui m'ont fait penserà des androïdes. J'ai assisté à des rencontres touchantes etd'autres maladroites. J'ai encore une fois adoré les japonais et puvérifier que les femmes indiennes avaient été bénies par ladéesse Shiva au niveau capillaire. En revanche la gent masculineindienne a une forte tendance à la calvitie. L'un des moment lesplus drôles et qui arrive à chaque fois, c'est le moment où le volbrésilien arrive et où l'on aperçoit tous ces passagers (françaisou pas) qui débarquent en tongs, chapeaux de paille et bronzaged'enfer, alors que dehors il fait 5 degrés.

Je me suis ditqu'il fallait revenir plus souvent, c'est tellement pratique en plus,je n'en ai que pour une heure et demi de trajet. Mais aurai-jerendez-vous à nouveau avec ce côté si loufoque de mon imaginaire? Ou serai-je en train de vivre une mauvaise période où absolumenttout devient insupportable? Finalement nous sommes tous dignes d'êtrede sacrés personnages, non?!

mardi 8 novembre 2011

Little Trouble Girl




La presse féminine mériterait d'être analysée (non seulement par des sociologues mais aussi par chaque citoyen) plus attentivement. Il me semble que l'on pourrait déceler pas mal de névroses féminines et masculines.

Voici la question que je me pose: pourquoi, malgré notre lucidité et notre expérience, nous laissons nous embobiner par des titres comme « Les nouvelles crèmes ont réponse à tout » ; « Les secrets des filles qui ne font pas leur âge » ou encore : « Une peu lisse, fraîche et repulpée sans Botox » ? Depuis quand rester jeune (et donc puissante) est devenue une obsession collective ?

Théoriquement, la femme réfléchie (ou qui a un cerveau) se moque de ce genre de mentalité et du style de vie imposé par le marché. Mais, en pratique, on voit des femmes (fortunées ou pas) qui dépensent d'énormes sommes d'argent en crèmes et en soins de plus en plus sophistiqués. Et à grande vitesse, le marché semble s'approprier l'idée selon laquelle vieillir est dégradant et qu'il faut donc rester jeune à jamais.

Quand j'étais petite, mon imaginaire répondait au concept de vieillesse par l' image d'une dame âgée, aux cheveux blancs et l'air gentille. Grosso modo, je pensais à ma grand-mère. Aujourd'hui, mon imaginaire fonctionnerait-il de la même manière ? Je commence sincèrement à en douter, car il est de plus en plus travaillé (ou bombardé) par cette société qui a déterminé que la jeunesse est synonyme de pouvoir et où toutes les possibilités sont envisageables, alors que la vieillesse renvoie à l'invisibilité et à la dégradation. 

Il faut donc adopter une stratégie (quitte à devenir un mutant pathétique) pour stopper les signes des années qui passent.

Ne pourrait-on pas soigner naturellement le corps et l'esprit ? Le corps avec une alimentation adéquate associée à l'activité physique et l'esprit en aillant une vie intérieure très riche ? Qu'est-ce qui nous effraye au juste ? Ne plus attirer les regards ? Perdre son pouvoir de séduction ? Ne plus être aimé(e)s ?

Ah, la Dame Peur, toujours à l’affût. Le sentiment qui nous rend tous égaux. 

Sauf qu'il y a quelque chose qui cloche dans cette théorie. Car une femme mûre, qui a plus de vécu, d'expérience et une meilleure connaissance d'elle-même, est plus séduisante et charmante qu'une minette de 18 ans. Socrate nous a expliqué, il y a fort longtemps, que le «Connais-toi toi-même » était la bonne clef. La seule que nous possédons. 

Pourquoi donc essayons-nous de nous immortaliser, alors que nous savons d’emblée que tout fane et meurt un jour ou l'autre ? 

Ce n'est pas morbide, c'est simplement la condition première de l'existence : pour vivre il faudra mourir. Et avant cela, vieillir (dans le meilleur des cas).

Si je parle de la presse féminine française c'est parce qu'il y a sept ans, en arrivant en France, je découvrais avec bonheur une posture féminine que j’imaginais jusqu'alors inconcevable. Dans mon pays existe, c'est bien connu, une culture du corps absolue. On se transforme tout au long de sa vie, jusqu'à en perdre raison. Difficile de trouver une femme qui n'a pas subi une intervention chirurgicale, car même les plus pauvres ont la possibilité de le faire en payant à crédit. 

En France, je ne sentais pas la même pression. Je me disais que c'était sacrément élégant de vivre sa féminité comme ça, sans se faire violence, avec une certaine grâce. Hélas, au fil des années j'ai fini par voir que ce n'était pas tout à fait la réalité. Je remarque, et ce même parmi des filles très intelligentes et cultivées, qu'il existe cette pression et cette peur bleue de vieillir. Alors que nous savons pertinemment que la vie s’appuie sur le concept de l’impermanence ! 

Tout change, tout bouge, tout évolue. Rien n'est statique. L’univers, nous le savons, n'est pas immuable, il est au contraire en expansion. Permettons nous de l'être aussi.

Et peut être un jour nous nous affranchirons de cette peur et de ce genre d'article si arriéré.



jeudi 3 novembre 2011

Just like that!




Lundi j'ai fêté mon anniversaire. Date à laquelle j'accorde - ça a toujours été le cas - beaucoup d'importance. J'avoue que pendant ces 36 ans j'ai eu beaucoup de mal à comprendre ceux qui stoïquement ignorent où refoulent une journée pareille. Cela pourrait être d'ordre culturel (ça m'arrangerait) car il est vrai qu'au Brésil les gens ont un penchant pour la fête. L'anniversaire reste donc une occasion de plus pour le faire convenablement. 

J'ai quelques souvenirs bien précis, dont le plus mémorable est celui de mes 11 ans. Mes parents avaient eu la gentillesse de louer une salle assez coquette et comme je suis née le 31 octobre, on considérait que c'était logique que la fête soit thématique, du type Halloween Party. 

À l'époque j'étais très amoureuse d'un petit gars qui s'appelait Manoel, qui de son côté était dingue d'une camarade nommée Michelle, qui pour sa part avait un cousin qui m'adorait. Bref, déjà l'amour était compliqué. 

Alors il s'est produit quelque chose dont les raisons m’échappent (élan suicidaire, désir inconscient de se l'auto boycotter, amour du risque...). J'ai décidé, quelques heures avant ladite soirée de me faire une nouvelle coupe de cheveux. Le résultat était... comment dirais-je? Étonnant. Il m'a fallu beaucoup de courage pour affronter mes invités et surtout être la seule déguisée. Il m'a été également difficile de danser avec le cousin de Michelle, qui était tellement ému qu'il en bavait (littéralement) sur mon épaule. Si, si. 

Allez savoir pourquoi, malgré tous ces petits inconvénients, quand j'y pense, je ressens beaucoup de tendresse envers cette enfant là. J'ai bien l'impression que nous étions encore innocents et convaincus de vivre dans un film, genre The Goonies.

Depuis, évidemment, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Et en pensant à cette trajectoire de l'eau j'ai eu un petit pincement au coeur pour la gosse que j'étais. Car depuis je n'ai pas cessé de la faire taire. Et bizarrement, 25 ans après, je lui fais de la place. Just like that. Sans grandes explications. Sans aucun pathos. Peut être un cadeau que je me suis faite à moi même. Ou simplement une envie, tardive, d'accomplir les rêves qui on été les siens. 

Décidément, j'adore les anniversaires !

mardi 18 octobre 2011

de la Guerre




suite du texte précédent...

Au fil des années, dans une espèce de répétition grotesque, nous avons vu, lu, écrit, parlementé à propos d'innombrables conflits armés qui ont eu lieu dans le monde. Parfois dans des coins reculés qu'on ne connaissait à peine.

En peuples « civilisés » nous n'avons pas encore réussi à mettre fin à cette éternelle répétition, la tragédie humaine qui consiste à s'entre-tuer constamment et abondamment. Voilà ce qui m'intrigue et bien évidemment je suis sûre de ne pas être la seule.

Et voilà que je me retrouve au Québec très loin de toutes ses considérations, en quête d'un peu de facilité et de repos. J'entends sur Radio Canada une critique à propos d'une exposition du genre « indispensable ». Encore une. Je note le nom de la galerie sur un bout de papier, convaincue que je le perdrai aussitôt (comme on s'attend à une fatalité). Le voyage se poursuit comme il se doit et
quelques miles plus tard, je l'ai toujours sur moi.

Une fois à Montréal, après une période assez nature & découverte, reposés et sereins, on décide de reprendre les choses en main, il est temps de se remettre dans le mouv', intellectuel. En plus le bout de papier a résisté aux moustiques, aux ours, au vent et surtout aux beuveries d'été...

C'est là ou j'espère pouvoir justifier une telle digression dans mon histoire.

Berlynde de Bruyckere doit être l'artiste qui m'a le plus marqué depuis très longtemps. Cependant, même si l'occasion m'était donnée, j’hésiterais à la rencontrer. Son univers est puissant et sombre (dans la même proportion). Elle crée des formes qui racontent la souffrance physique, l'abandon, l'humiliation. L'être désemparé et nu. On imagine bien, de manière un peu brumeuse, la fragilité après avoir vécu le pire des massacres.
Voilà le génie et la force de son œuvre. Impossible, en tant qu'être humain, de rester indifférent à ce qu'elle raconte.

Il s'agit là de sculptures d'origine humaine, animale ou végétale. L'artiste se sert de cire, de résine, de laine, de bois, de fer, de peau de cheval et de la crinière de ce dernier. Tout est organique, mais dans un état de déchéance. Elle arrive a transformer des images qui pourraient en effet ne provoquer qu'un sentiment de répulsion en quelque chose d’extrêmement poétique (allez savoir comment).

Comme par exemple, l’œuvre Les Deux. Deux chevaux sont suspendus à un échafaudage. Ils sont très beaux, musclés, virils, disposés l'un au-dessus de l'autre. Sur leur peau, qui brille et qui prouve la majesté de cet animal, il y a néanmoins des coutures visibles, un peu comme la créature du Docteur Frankestein. Ils sont aveugles, et n'ont pas de sabots. Vulnérables et exposés, et pourtant si puissants. Sont-ils vivants ou morts ?

Il y a aussi des figures contorsionnées qui nous font penser à ceux qui ont subi la torture, l’agression, la guerre. Là on atteint presque l’insupportable, car on a vraiment l'impression que ces morceaux sont encore en vie.

L’œuvre de Berlinde de Bruyckere reste dans l'imaginaire comme une cicatrice que l'on portera pour toujours. Elle nous enlève toute possibilité d'être d'accord avec l'idée de la guerre et de la justifier. Elle est donc indispensable.

vendredi 14 octobre 2011

De la guerre



Quelle est la place de la Guerre dans l’imaginaire des gens ? De ceux qui l'ont vécue, et de ceux qui en ont seulement une connaissance intellectuelle ? 
 
Dans ma vie d'enfant, la guerre a été seulement un genre cinématographique. Car j'ai maté beaucoup de films de guerre. Non parce que j'étais cinéphile, mais parce qu'en rentrant du collège le midi, je regardais une émission qui s'appelle (et qui existe encore) « Séance de l'après-midi »
Le menu était composé de chef d’œuvres du cinéma américain des années 50 aux années 80. Ainsi, les enfants brésiliens de mon époque ont biberonné à la culture américaine en regardant de merveilleux films. 
Personnellement, ma mémoire a imprimé ceux de Doris Day, Jerry Lewis et Dean Martin, Jonh Wayne, Rock Husdon et James Dean dans Géant mais ceux dont je me souviens le plus ce sont Casablanca, La colline de l'adieu, Le pont de la rivière Kwai , Autant en emporte le vent et Docteur Jivago. 
Dans mes films préférés, la guerre était soit Le sujet du film, soit le décor. Je ne comprenais absolument pas les enjeux que cela suscitait, j’adhérais seulement au courage et à la bravoure des personnages. The good guys and the bad guys ! 
  
En étant brésilienne, les deux grandes guerres n'avaient eu aucune incidence dans ma vie où celle de ma famille. Pendant le cours d'histoire, on avait l'impression que toutes ses horreurs faisaient partie d'un passé révolu et à milliers de kilomètres de notre vie réelle. 
 
Plus tard, le moment venue de faire l'expérience de la guerre à travers la littérature, l'effet était l'inverse. « Si c'est un homme » de Primo Lévy m'a fait un choc dont je ne me suis plus jamais remise. Plus jamais, j'ai eu le toupet d'aborder la guerre de façon si légère. En revanche, le sujet continue à me fasciner.

À suivre...